Blog › Matériel
Quel matériel pour filmer son équipe
Entre le téléphone d'un parent et la caméra automatique à plusieurs milliers de francs, il y a un écart de prix considérable. Voici ce qui le justifie, et ce qui ne le justifie pas.
Ce qui est indispensable
- Un trépied haut, quatre mètres au minimum. C'est l'achat qui décide de ce que vous pourrez analyser : au niveau du sol les joueurs se superposent, en hauteur les espaces entre les lignes apparaissent. Les pieds d'éclairage et de sonorisation montent bien plus haut que les trépieds photo, pour un budget comparable — comptez de 150 à 250 francs. Vérifiez la charge admissible : un téléphone en bout de mât fait levier, et le vent s'en mêle.
- Une pince téléphone en métal, avec sabot. Les pinces plastique lâchent au vent, et elles lâchent toujours avec le téléphone dedans — à quatre mètres, il ne s'en remet pas.
- Une batterie externe et un câble assez long pour charger pendant la captation. Une captation de deux heures ne tient pas sur une batterie de téléphone.
Comptez 200 à 300 francs au total, avec un téléphone que le club possède déjà. C'est le seul poste où il ne faut pas économiser : un mât trop court ne se rattrape par aucun réglage, aucun montage et aucun logiciel.
Ce qui est utile selon le contexte
- Un deuxième téléphone, pour couvrir la largeur d'un grand terrain en panorama. Souvent un ancien appareil qui traîne dans un tiroir : il n'a pas besoin d'une carte SIM.
- Un mât plus haut encore (6 mètres), sur un terrain à onze sans aucune tribune. Au-delà, la prise au vent devient le facteur limitant : il faut lester le pied.
- Une housse de pluie, dans les régions où l'on joue sous l'averse la moitié de la saison.
Ce qui n'apporte rien pour de l'analyse
- La 4K. Vous regardez des placements à quinze mètres, pas des textures. La 4K quadruple le poids des fichiers, ralentit tous les transferts, et n'améliore aucune lecture tactique.
- Un micro externe. Le son d'un match filmé de loin est du vent. Les consignes utiles s'écrivent en commentaire sur le clip.
- Un stabilisateur motorisé. Il sert à filmer en marchant, ce qu'on ne fait pas quand la caméra est posée. Sur un trépied, il n'apporte rien.
- Une caméra d'action grand angle, sauf cas précis : elle déforme les bords, ce qui fausse l'appréciation des distances — exactement ce qu'on cherchait à mesurer.
Les caméras automatiques
Ce sont des caméras fixes très large champ qui recadrent automatiquement sur le jeu. Elles fonctionnent bien et évitent d'avoir un opérateur. Deux réserves, qu'il faut peser plutôt qu'écarter :
- Le prix. Comptez l'appareil, l'abonnement annuel, et souvent l'installation. C'est un budget de club, rarement d'équipe, et il est engagé pour plusieurs saisons.
- Le recadrage automatique suit le ballon. C'est pratique pour revoir un match, moins pour l'analyse : ce qui compte tactiquement se passe souvent hors du cadre suivi.
Si le club a le budget et veut de la diffusion en plus de l'analyse, c'est un choix défendable. Si le besoin est de revoir trois situations le lundi avec les joueurs, c'est un investissement disproportionné.
Le coût réel sur une saison
Le matériel n'est qu'une partie de l'addition. Il faut aussi compter le stockage, le partage avec les joueurs, et surtout le temps passé à dépouiller. Deux heures par match pour extraire trois situations, sur une saison de vingt-cinq matchs, font cinquante heures — le poste le plus cher, et le seul qui ne figure sur aucun devis.
C'est le calcul qui décide vraiment : un logiciel qui supprime le dépouillement rend l'exercice tenable pour un entraîneur bénévole, ce qu'aucun matériel ne fait.
Questions fréquentes
Quel est le budget minimum pour filmer son équipe ?
Comptez 200 à 300 francs avec un téléphone que le club possède déjà : un trépied haut (quatre mètres au moins), une pince métal et une batterie externe. La hauteur est le poste sur lequel il ne faut pas économiser : elle décide de ce que vous pourrez analyser.
Faut-il filmer en 4K ?
Non. Le 1080p suffit largement pour lire des placements. La 4K quadruple le poids des fichiers et complique les transferts sans améliorer l'analyse.
Une caméra automatique est-elle un meilleur choix ?
Elle évite un opérateur, mais représente un budget de club engagé sur plusieurs saisons, et son recadrage suit le ballon — donc coupe une partie de ce qu'on veut analyser. Pour revoir des situations avec les joueurs, deux téléphones et un logiciel coûtent bien moins.
Par sport : Football · Rugby · Hockey sur gazon
À lire ensuite
Le matériel, vous l'avez déjà
TactiCam fonctionne avec les téléphones de l'équipe. Un trépied, un appui après l'action, et les clips sont prêts. Essai 14 jours.